Noha Hatem sème la joie de vivre chez les enfants défavorisés

Connue pour son travail à la Chanterie de Beyrouth, la professeure de chant a choisi de mettre sa passion au service des plus jeunes.

Noha Hatem a des étoiles dans les yeux lorsqu’on lui demande d’aborder la musique, sa passion de toujours. Diplômée en histoire et en géographie, rien ne prédisait en effet ce coup de foudre qui s’est opéré avec le chant et l’instrument. Un amour qui l’avait d’ailleurs menée jusqu’en Espagne, il y a deux ans, pays dont l’ambassadrice à Beyrouth, Milagros Hernando, lui a remis la croix d’officier de l’ordre d’Isabelle la Catholique en hommage à ses activités musicales à la tête de la Chanterie de Beyrouth.

Cette fois-ci, Noha Hatem a décidé de conjuguer sa passion pour la musique avec son fervent engagement envers ceux qui sont dans le besoin. Elle doit ainsi lancer son nouveau projet : travailler avec des enfants de 4 à 15 ans, jeunes réfugiés syriens mais aussi jeunes Libanais, dans les écoles qui en font la demande. Une idée qui a germé grâce à l’association Ana Akra’a et l’Unicef afin de permettre aux enfants de sortir de leur espace didactique au profit d’un moment plus ludique. « Chaque enfant au Liban, qu’il soit libanais d’origine ou non, a droit à l’éducation musicale », déclare Noha Hatem avant de poursuivre : « Dans les écoles où nous allons nous rendre, les enfants sont bien encadrés au niveau scolaire. Ce qui leur manque, c’est la transmission du goût de l’art, le goût des belles choses. »

Dans cette optique, des ateliers de chant vont être lancés dans les écoles d’Ouzaï et de la banlieue sud de Beyrouth. À raison de 45 minutes par semaine, il s’agira d’offrir aux enfants un éveil musical en les sensibilisant à travers le chant et l’écoute. Travail de la voix, chants dans plusieurs langues, rythmes, percussions, techniques, Noha Hatem veut « toucher l’émotion » à travers la musique.

« Écouter et chanter est indispensable, explique-t-elle. Du côté de l’apprentissage, il a été prouvé que l’enfant qui apprend à chanter parle mieux et plus vite. Quand un enfant chante, tous les lobes du cerveau fonctionnent en même temps : c’est une thérapie incroyable ! » La professeure n’oublie pas non plus l’aspect corporel du chant, tourné autour de l’apprentissage de la respiration. Et, au-delà, la musique développe la créativité et l’imagination : « Nous devons permettre à l’enfant de rêver, dit-elle. Rêver, mais aussi s’éloigner de la violence. » Il s’agit de « leur offrir la paix ».

Des adultes épanouis
Noha Hatem évoque aussi la confiance en soi que l’enfant peut gagner à travers le chant : « Un enfant qui chante, c’est la joie de vivre. Il ne s’agit pas de lui dire qu’il chante faux, de l’impressionner, mais de sans cesse l’encourager, de lui donner de l’assurance. C’est quand on est enfant qu’il faut combattre sa timidité. » Les enfants auront ainsi l’occasion de se produire sur scène, avec un petit concert à la fin de l’atelier.

Mais ce qui tient tant au cœur de Noha Hatem dans ce projet, c’est de semer la joie auprès de ces enfants « à la manière dont on sème des notes de musique ». « Il faut savoir donner à ceux qui n’ont pas, lance-t-elle. Dans les écoles, les petits sont privés de cette chance. Or l’enfant d’aujourd’hui est l’adulte de demain. Il faut toucher à sa sensibilité, lui permettre d’accueillir une joie de vivre qui fera de lui un adulte épanoui. » C’est là le but ultime de Noha Hatem : faire de l’enfant innocent d’aujourd’hui « un adulte stable, équilibré et surtout bienveillant ».

Dans ce sens, le chant est, selon elle, un outil au service de la tolérance et de l’ouverture aux autres : « On apprend à s’écouter, à entendre l’autre. Et puis, sourit-elle, ce n’est pas pour rien que l’on dit « chanter en chœur ». »

« Le meilleur moyen de nourrir un enfant est de l’éduquer. » Pour cette raison, Noha Hatem envisage également de former les enseignants, en leur apprenant les bases de l’enseignement musical afin qu’ils puissent reprendre la main à la fin des ateliers. Ils seront ainsi polyvalents et continueront à entretenir l’appréciation de la musique. « Mais je continuerai évidemment de suivre tout cela de loin ! assure-t-elle avec un clin d’œil bienveillant. S’il y a une chose qui me rend heureuse, c’est de voir la joie de vivre dans les yeux de ces enfants. »

Lire l’article sur L’OLJ

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